Bien que mon activité sur mon blog puisse laisser paraître du contraire, je suis quelqu’un que nous pourrions qualifier d’hyperactif. Sans entrer trop dans les détails, mon emploi du temps est rempli presque tous les jours de l’aube jusqu’à l’aurore, voire souvent plus tard. Trouver du temps pour y caser mes amis les plus proches est un véritable casse-tête et je n’ai que très peu de temps vraiment pour moi. Pourtant, je ne m’en plains pas, au contraire.
Chaque année, souvent durant les semaines entre Noël et Nouvel An, j’essaye de prendre quelques heures pour faire le point sur ce que j’ai accompli durant l’année. Si beaucoup regrettent de ne pas avoir réussi à faire plus, j’en suis au point où je me demande comment j’arrive à en faire autant sans devenir fou. Bon, à vrai dire, je ne peux pas devenir fou, puisque je le suis déjà.
Bref, non seulement je suis hyperactif, mais en plus de cela, je suis ce qu’on appelle un workaholic, désirant toujours travailler, faire plus, m’engager encore et encore. Tout cela soulève un énorme dilemme, pour ne pas dire un paradoxe, tant que mon emploi du temps n’est pas archi plein, je le remplis et, une fois que celui-ci l’est, je me plains en me disant que je n’ai pas de temps pour moi.
Et je ne fais pas que me plaindre. Plus que cela, bien que j’adore ce que je fais et toutes mes activités, je reste quelqu’un de profondément malheureux et, au fond de moi, je sens qu’il manque quelque chose à ma vie : quelqu’un qui la partage. J’en ai envie et, pourtant, lorsque l’occasion se présente, je fuis ou je fais fuir. Je n’ai pas envie de dégager du temps pour quelqu’un n’arrivant même pas à prendre du temps pour moi-même et je ne peux imaginer faire passer quelqu’un au même niveau que moi, donner autant d’importance à une autre personne.
Lorsque j’en parle aux quelques personnes qui me connaissent suffisamment et en qui j’ai suffisamment confiance, ceux-ci me disent que cela est dû au fait que je n’ai pas trouvé la bonne personne, la personne qui me donnera envie de mettre certaines activités et obligations de côté, et ils ont sûrement raison. Le problème est que je n’ai pas envie de faire souffrir une personne simplement pour tester et essayer de déterminer si celle-ci me donne envie de lui dégager du temps à long terme.
Car oui, le problème ne se situe pas durant les quelques premiers mois, mois où les deux tourtereaux voient la vie en rose et sans aucun souci, mais bel et bien après, lorsque les choses commencent à se tasser, lorsque la routine s’installe. Sauf que d’ici ce moment-là, des sentiments ont, eux, l’occasion de se développer et souffrir, pour au moins l’un des deux, est devenu inévitable.
Et comme, malgré mon côté sadique, je déteste faire souffrir des personnes qui me sont chères, je préfère ne pas prendre le risque et, ainsi, laisser passer une opportunité pour être un peu moins malheureux, voir même, peut-être, être heureux.
Mais ce n’est pas l’unique raison qui rend l’hyperactivité une bénédiction à double tranchant : la santé. Même si je n’ai pas des problèmes de santé à proprement parler, je me suis plus d’une fois retrouvé dans des états de détresse avancés, avec une déficience de sommeil terrible, des crises d’angoisses, bref, plein de trucs super sympas ! Heureusement, à chaque fois, je m’en remets très rapidement, me rendant compte suffisamment tôt que je n’arrive plus à gérer à temps pour ne pas craquer vraiment et entièrement.
Ceci dit, je me rends bien compte que, un jour, je ne le réaliserai pas ou trop tard et que, à ce moment-là, les conséquences pourraient être dramatique. Mais cela fait partie du jeu et, me connaissant mieux année après année, je pense que je suis, pour le moment en tout cas, assez à l’abri de cela.
Donc oui, j’arrive à faire des trucs incroyables, rencontrer des personnes fantastiques, me faire un réseau juste extraordinaire et j’ai un CV qui est, pour quelqu’un de 23 ans, magnifique. Mais, en contrepartie, bien que je ne sache pas réellement si je suis malheureux, je sais pertinemment que je ne suis pas heureux et je pense que, si je ne fais pas un burnout, je ne vais pas vivre très vieux. Mais c’est une vie que j’ai choisie, en tout cas aujourd’hui, et que je vis pleinement. Pourtant, je ne souhaite à personne de m’envier et ne peux souhaiter cette malédiction à personne.