BoJack Horseman, une série pour les déprimés tous

Vous ne vous en doutez peut-être pas, mais je suis un grand fan de série. Si la liste de toutes celles que j’ai regardées est bien trop longue et le nombre d’heures perdues scandaleux, j’aimerais aujourd’hui vous parler d’une en particulier: Bojack Horseman. D’entrée de jeu, je vous le dis: c’est un cartoon. Et, de base, je ne suis pas, mais alors vraiment pas, un fan de cartoon. Toutes ces couleurs me rendent fou et leurs côtés enfantins ne me parlent que bien peu, voire pas du tout. Mais, à toute règle son exception et BoJack Horseman, c’est mon accord du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir lorsque que le complément d’objet direct est placé avant ce putain de verbe.

Mais cette série à su faire vibrer une dernière corde de mon âme. Par sa franchise et son humanité, elle pointe du doigt la futilité de l’existence, que rien ne fait sens et, pire encore, que chercher un sens à celle-ci ne mène qu’au malheur. Oui, c’est terriblement sombre, mais tellement beau.

Son personnage principal, BoJack Horseman, est un cheval humanoïde, star d’un sitcom moyen et pourtant très populaire terminé depuis presque 20 ans lors du début de la série, qui souhaite retrouver le succès et le devant de la scène. Pour ce faire, il tente d’écrire une autobiographie, mais, devant son incapacité à rester sobre plus de deux heures après son réveil et avec une capacité de rester concentrer tendant vers le néant, il engage une Ghost writer, Diane, et, après de multiples péripéties, fini part s’ouvrir à elle.

Dead on the inside, dead on the outside.

-BoJack Horseman

C’est simplement l’histoire de personnes cherchant leur place dans ce monde. Entre les coups d’un soir, les amours impossibles et une vie si brisée qu’elle semble irréparable, ces personnages meurtris, par leurs choix, mensonges et actions, parleront à toutes et tous. Devant l’univers et son absurdité, la question du bonheur est posée constamment, mais ne donne que des réponses qui ne peuvent satisfaire le téléspectateur comme nos personnages.

Elle nous me face à nos craintes. La crainte de ne pas être aimé, d’être seul, la crainte du pardon, la crainte du bonheur. Elle nous fait également réaliser que, bien que nous vivons dans une société profondément injuste et absurde, ce qu’elle prend un malin plaisir à nous rappeler, nous sommes également en partie responsables. Responsable de ne pas demander de l’aide, de ne pas être capable de nous satisfaire des petites choses de la vie, de ne pas être capable de pardonner, ne pas être capable d’être heureux.

Elle fait superbement le lien entre la responsabilité de la société et les responsabilités individuelles, comme l’exemple de la relation entre BoJack et sa mère. Présentée comme une femme horrible, nous découvrons, au fur et à mesure que la série avance, que c’était également une femme brisée, déçue, par son enfance, son père à elle, son mariage. Elle nous rappelle très justement que nos parents sont humains, eux aussi.

Mais un exemple vaut mieux que mille images (je crois). Alors permettez-moi de vous conter un épisode qui m’a particulièrement marqué. Il s’agit d’un épisode de la saison cinq, l’épisode « Free Churro », intimiste, uniquement centré sur le personnage de BoJack. 25 minutes de monologue, à l’enterrement de sa mère qu’il déteste. Et c’est tout. Il déverse toute sa haine envers cette femme qu’il méprise et considère comme responsable de son malheur, mais, au fur et à mesure qu’il se perd dans sa réflexion, il réalise que sa mort signifie qu’il ne pourra jamais discuter de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a ressenti. La haine qu’il lui portait disparait en un sentiment de vide, un vide qui ne pourra jamais être comblé. A trop attendre, il devient trop tard pour parler, s’énerver, hurler, haïr, pardonner. Il est face à sa mère morte, sans réponses à son « fuck you, mom », qui a gardé en lui depuis si longtemps, ni a aucune des autres questions qui le hante depuis sa plus tendre enfance. Sa mère est morte et tout ce qu’il a eu, c’est un Churro gratuit.

La tragédie de cette série, c’est que, lorsque tout semble se diriger vers le mieux, notre héros chute une fois de plus, encore plus bas et encore plus vite. Et c’est peut-être cela, une de ses seules faiblesses, c’est comment ses rechutes peut-être, de temps à autre, un peu tirées par les cheveux. Mais tout ceci est particulièrement pardonnable en se rappelant du côté cartoon de cette série, souvent synonyme de ces histoires mirobolantes.

Regardez cette série, vous n’en ressortirez que plus grandi et sûrement un peu déprimé, mais chérissant plus encore les personnes qui vous sont chères et proches. Vous serez peut-être aussi plus apte à pardonner, à aimer, et à vous rappeler que, peu importe ce qu’il se passe, que vous réussissez où non, à la fin, rien n’est réellement important. Et, avec ce poids en moins, peut-être pouvons-nous profiter un peu plus de l’instant présent et, par extension, de la vie.

Je termine cette mini-critique et recommandation en vous laissant sur une citation de Mr. Peanutbutter, qui reflète si bien la philosophie de cette série : “The universe is a cruel, uncaring void. The key to being happy isn’t the search for meaning; it’s just to keep yourself busy with unimportant nonsense, and eventually, you’ll be dead.”

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